Face à la colère qui monte contre les data centers, OpenAI a trouvé une parade : changer leur nom. Pas sûr que cette solution soit vraiment efficace…

Un data center. ©Hrach Hovhannisyan / Shutterstock
Un data center. ©Hrach Hovhannisyan / Shutterstock

Les géants de la tech sont lancés dans une course folle pour construire des centres de données. Objectif : fournir la puissance de calcul nécessaire à leurs modèles d’intelligence artificielle (IA) toujours plus gourmands. Rien que chez OpenAI, les dépenses pourraient atteindre les 750 milliards de dollars d’ici à 2030. Mais ces projets suscitent de vives critiques, notamment chez les riverains de ces installations gigantesques.

OpenAI prépare l’issue des élections de mi-mandat

Selon Axios, OpenAI s’apprête à lancer une vaste campagne de communication et de lobbying. Son idée la plus catégorique : ne plus parler de « data centers », mais d’« AI compute campuses », soit des « campus de calcul pour l’IA ». L’entreprise y voit une description plus juste de sites qui représentent, selon elle, des investissements durables en puissance de calcul, en énergie et en emplois qualifiés.

La firme de Sam Altman souhaiterait également proposer des engagements aux communautés qui accueillent ses projets, ainsi que des lois d’État donnant aux habitants un vrai mot à dire sur la construction des sites et sur les retombées locales. Sa vitrine : un immense projet auquel elle participe dans le comté de Pike, dans l’Ohio, censé créer des milliers d’emplois.

Le timing est tout sauf anodin, alors que les élections de mi-mandat se tiennent ce mardi 3 novembre aux États-Unis. Elles devraient permettre aux démocrates de reprendre la Chambre des représentants, et donc d’accentuer la pression sur le secteur quand Donald Trump l’a totalement dérégulé. C’est, d’ailleurs, dans une optique similaire que le président américain a ordonné l’utilisation du terme « superintelligence » plutôt qu’« intelligence artificielle ».

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De plus en plus d’opposition

Car la fronde gronde. D’après une enquête de Redfin, plateforme immobilière américaine, 47 % des Américains s’opposent à l’arrivée d’un nouveau data center dans leur communauté. Dans le Michigan, au moins 19 communes ont cherché à restreindre les nouveaux projets, après que le chantier Stargate d’OpenAI et d’Oracle a été maintenu malgré l’opposition locale. En Virginie, Amazon a de son côté renoncé le mois dernier à quatre data centers dans le nord de l’État. 

En cause, l’appétit démesuré de ces infrastructures en électricité et en eau, mais aussi le bruit assourdissant qu’ils émettent et la pollution. Ils déplorent, en outre, un manque de transparence car les négociations entre promoteurs et élus locaux se déroulent souvent sous accord de confidentialité.

Et les pratiques des entreprises peuvent laisser à désirer : dans le Mississippi, SpaceXAI n’hésite pas à faire du porte à porte pour racheter les maisons aux alentours de ses installations. Reste à voir si un simple changement de nom suffira à apaiser les tensions, et ce n’est pas gagné.

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